Caroline Nepton-Hotte défend la place des femmes autochtones dans la société


Caroline Nepton-Hotte,
doctorante et chargée de cours au Département de sciences des religions.

15 mai 2019 – Le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones de Montréal (CIÉRA) et le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les affirmations autochtones contemporaines (GRIAAC) ont organisé un colloque les 29 et 30 avril 2019, à la Grande bibliothèque. Le thème « Genres et identités : perspectives autochtones contemporaines » a permis aux participantes et participants d’échanger et de réfléchir sur les enjeux entourant l’expression des genres et des identités sexuelles en milieux autochtones.

La doctorante et chargée de cours au Département de sciences des religions de la Faculté des sciences humaines, Caroline Nepton-Hotte, présentait l’une des deux conférences d’ouverture du colloque en plus d’être à la barre de l’animation de la Soirée culturelle venue clore la première journée.

Les institutions en font-elles assez?

« Autochtoniser les institutions : désapprendre et déconstruire les certitudes » tel était le thème de la conférence de Caroline Nepton-Hotte qui a pris un autre sens alors que la polémique autour de la pièce Kanata refaisait surface dans l’actualité. En effet, il est important pour l’étudiante membre de la communauté ilnue de Mashteuiatsh et seule étudiante autochtone au doctorat à l’UQAM, de parler d’enjeux liés à la place des Autochtones, mais surtout des femmes autochtones dans la société. «Très jeune, j’étais intéressée par les récits de ma grand-mère. Puis lorsque la Loi C-31 a modifié la Loi sur les Indiens, ça a créé beaucoup de malentendus dans nos familles. Pendant que les Québécois parlaient de souveraineté, nous parlions des droits des femmes autochtones », a-t-elle partagé. À travers sa conférence, elle invitait à se questionner sur ce que signifie être un allié. Le dialogue, l’éducation et la sensibilisation aux réalités autochtones doivent se retrouver au cœur des actions des institutions. « Beaucoup de choses sont faites, mais on peut définitivement faire plus », a-t-elle ajouté.

Place aux artistes autochtones

La Soirée culturelle a mis de l’avant de nombreux talents autochtones à travers les arts vivants, visuels, la musique, la danse ou encore l’écriture. S’il est important de laisser la place aux femmes et particulièrement aux femmes autochtones dans la société, c’est encore plus vrai dans le domaine artistique. « On a des femmes autochtones qui ont des possibilités, mais qui sont souvent laissées à elles-mêmes. Il va falloir leur donner les moyens dont elles ont besoin », a expliqué Caroline Nepton-Hotte.

La Soirée culturelle était une occasion de leur laisser une place de choix. Parmi les artistes, à noter, entre autres, la présence d’étudiantes de l’UQAM, comme l’artiste-photographe Marie-Christine Petiquay, présidente du Cercle des Premières nations de l’UQAM, et de Catherine Boivin.

Du journalisme aux sciences des religions

Après 10 ans en journalisme à Radio-Canada où Caroline Nepton-Hotte a développé plusieurs contenus éducatif et informatif, comme le site Web spécialisé «Espaces autochtones», elle effectue un retour sur les bancs d’école. Elle choisit l’UQAM, non seulement pour le fait que ce soit une université francophone, mais aussi pour travailler avec le professeur au Département de sciences des religions, Laurent Jérôme, spécialiste des questions autochtones. « Quand tu trouves quelque chose qui te motive, qui te met au défi et t’amène à la découverte, c’est stimulant, a-t-elle souligné. Les  études autochtones m’ont permis de me dire, là, j’ai quelque chose qui me touche et qui m’appelle à aller plus loin. »

Sa thèse, réalisée sous la direction de Laurent Jérôme, s’intitule « Identité et cosmologies autochtones à l’ère numérique : réseaux sociaux et outils numériques comme leviers de résistance et d’autonomisation pour les femmes autochtones artistes ».

Le colloque était organisé par une équipe d’étudiantes et d’étudiants, de bénévoles et de chercheures et chercheurs, dont Carole Delamour, stagiaire postdoctorale au CIÉRA et Marie Kirouac-Poirier, étudiante à la maîtrise en sciences des religions. Parmi les  partenaires de l’événement, mentionnons le Cercle des Premières Nations de l’UQAM, le Regroupement des Hommes autochtones du Québec, Wapikoni Mobile, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) ainsi que de nombreux départements et facultés de l’UQAM.

Faculté des sciences humaines de l’UQAM

Incontournable du domaine des sciences humaines et sociales, la Faculté des sciences humaines de l’UQAM propose des programmes d’études solidement ancrés tant sur le plan théorique qu’empirique. Elle offre un milieu universitaire dynamique, stimulant et inclusif propice à la réalisation de recherches novatrices, à la liberté intellectuelle et à la démocratisation des savoirs.

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