Parlons de changements, parlons d’alternatives !

La FSH vue par…
Le colloque du DESS en planification territoriale et développement local « Regards croisés – 2020 » vu par Johanne Gaudet, diplômée de psychologie et membre du Conseil des diplômés de la Faculté des sciences humaines.

J’ai toujours été sensible aux questions relatives au développement du territoire.  Certes, pour des raisons identitaires, mais aussi par romantisme lorsque, par exemple, les artistes font référence à la nature et à l’environnement pour exalter le bien et le beau.  Pensez à JP Lemieux, JP Riopelle ou MA Fortin. Mes intérêts n’ont pas changé, mais ma compréhension du territoire vue sous l’angle plus réaliste du développement durable, oui.  Face à la dégradation environnementale, à la déshumanisation des espaces de vie, à l’insécurité alimentaire, je cherche dans les discours des experts des voies alternatives qui peuvent changer le cours des choses. Que nous proposent les chercheurs et les agents de développement pour réinventer nos modes de vie, dans la perspective d’une nouvelle géographie du territoire? 

C’est précisément pour partager expériences et connaissances dans ces domaines que le DESS en Planification territoriale et développement local (PTDL) a organisé un colloque, en janvier dernier, et invité les acteurs du milieu et le public à y participer. L’occasion était belle pour le DESS de célébrer ses 20 ans d’existence et de saluer sa force de réflexivité sur les enjeux du développement local et sur la transmission d’un savoir collectif.

Tout ouïe et tout oreilles, j’avais grand besoin d’entendre les mots inclusion, partenariat, perspective citoyenne, dialogue et innovation. Et la vingtaine de panélistes qui ont pris la parole n’ont pas été avares de leurs expériences positives, parfois achevées, souvent en voie de structuration, mais toujours avec une vision claire de ce qu’est le développement durable des collectivités et des espaces.

En conférence d’ouverture, le maire de l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, M. François Croteau, connu pour ses règlements « verts » – toits blancs, pistes cyclables, ruelles vertes – a partagé avec l’assistance les défis à prendre en compte pour réussir la transition écologique, notamment la participation citoyenne et l’appropriation collective des espaces publics. Ces thèmes ont trouvé preneurs dans tous les panels, qu’il soit question de loisirs et d’espaces inclusifs, d’alternatives pour le développement des milieux ruraux ou de valorisation des territoires pauvres et excentrés par des projets de formation à l’entrepreneuriat local (CDEC Montréal-Nord).  

Peut-on recréer l’esprit d’un village en ville en s’appropriant un espace laissé vacant ? L’expérience de La Pépinière s’enracine dans plusieurs quartiers : avec un piano, deux chaises, trois tables et beaucoup d’humanité (La Pépinière),  vous verrez la vie citoyenne reprendre ses droits ! Ailleurs, c’est toute une région qui prend en charge le développement bioalimentaire local en appuyant une agriculture à petite échelle, et la relève chez les agriculteurs-entrepreneurs (Table agroalimentaire).  Le développement local, c’est aussi le patrimoine collectif à protéger, que ce soient des zones agricoles ou des bâtiments publics. Ces interventions donnent naissance à des projets d’autogestion citoyenne et, mais elle favorise également de nouveaux modèles d’affaires et de gestion, l’économie circulaire étant de ceux-là.

Je vous partage quelques surprises, et des étonnements, qui ont enrichi mon savoir lors de ce colloque. D’abord, j’ai découvert l’Observatoire québécois du loisir, que je fréquente depuis. Une veille sur des sujets qui nous sont chers, accessibilité, innovation, vie culturelle, inclusion. Aussi, j’applaudis les panélistes qui ont abordé les questions de ruralité, avec force exemples d’expériences positives en agriculture communautaire. Celle de la MRC d’Argenteuil, entre autres, donne des résultats significatifs pour combattre l’insécurité alimentaire tout en créant les conditions favorables à l’empowerment des populations vulnérables et à l’émergence de nouvelles solidarités sociales. Et puis, de retour en ville, l’expérience citoyenne du Bâtiment 7 à Pointe St-Charles m’a conquise. Voilà un modèle unique de résilience et de dynamisme communautaire pour la préservation du bâti et la revitalisation d’un quartier.  

La journée-colloque du DESS en était à sa première édition. Je souhaite vivement qu’elle revienne au programme de ses événements annuels. Si les objets d’étude de la géographie vous intéressent, il ne faudra pas manquer la prochaine édition.

Moi, j’y serai !

Auteure : Johanne Gaudet, diplômée de psychologie et membre du Conseil des diplômés de la Faculté des sciences humaines.

Faculté des sciences humaines de l’UQAM

Incontournable du domaine des sciences humaines et sociales, la Faculté des sciences humaines de l’UQAM propose des programmes d’études solidement ancrés tant sur le plan théorique qu’empirique. Elle offre un milieu universitaire dynamique, stimulant et inclusif propice à la réalisation de recherches novatrices, à la liberté intellectuelle et à la démocratisation des savoirs.

Suivez-nous

Coordonnées

Faculté des sciences humaines
Local DS-1900
320, rue Sainte-Catherine Est
Montréal (Québec) H2X 1L7