Dessiner pour vulgariser

Mylène Legault et Jean-Nicolas Bourdon, étudiante et étudiant au doctorat en philosophie à l’UQAM, concentration en sciences cognitives, font partie des personnes lauréates de l’édition 2019 du concours de vulgarisation scientifique de l’Acfas.

Illustration de l'entrevue réalisée par Jean-Nicolas Bourdon.
Quand le dessin remplace la photo. Jean-Nicolas Bourdon, doctorant en philosophie à l’UQAM, a illustré l’entrevue que nous avons réalisée. 

Les doctorants ont choisi le dessin pour expliquer leurs travaux de recherche. Ces derniers, qui ciblent l’inclusion de la neurodiversité dans les modèles standards de la cognition humaine, ont été présentés dans une bande dessinée intitulée « L’autisme : un losange dans un monde de carrés ». Pour Mylène et Jean-Nicolas, il était intéressant de vulgariser pour le grand public et de laisser de côté les habitudes académiques. « Une fois que nous avons trouvé le point de départ du carré et du losange, tout s’est fait rapidement », a expliqué Jean-Nicolas.

De son côté Mylène souligne que « le choix du ton humoristique est délibéré, car cela nous permet de rejoindre un plus large public ».

À la suite de l’annonce des résultats du concours, une employée du CHUM a communiqué avec les deux lauréats souhaitant utiliser des extraits de leur bande dessinée pour animer une conférence. D’autres projets sont à venir, mais pour le moment, ils sont gardés confidentiels. À suivre! 

Aspigurl, un succès inattendu

Mylène et Jean-Nicolas n’en étaient pas à leur première expérience avec la bande dessinée. En avril 2018, ils lancent Aspigurl, une BD qui met en scène une jeune femme autiste à travers des anecdotes ou des réflexions de la vie quotidienne.

Aspigurl, BD réalisée par Jean_nicolas Bourdon et Mylène Legault.
Publiée le 16 septembre 2019.

Quand Aspigurl est née, Mylène et Jean-Nicolas étaient loin de s’imaginer le succès que connaitrait cette jeune héroïne au casque d’écoute antibruit. « C’était une façon de ventiler et de rire. Mais, en mettant le tout en ligne, on a eu la surprise de recevoir une grande vague d’amour : des parents d’enfants autistes ont fait imprimer des BD pour les montrer à leurs enseignantes et enseignants. On a commencé à recevoir beaucoup de questions de parents qui demandaient des conseils sur la vie quotidienne, mais aussi des adolescentes et adolescents autistes qui n’osaient pas trop poser certaines questions aux adultes de leur entourage », a expliqué Mylène.

D’aussi loin qu’il se souvienne, Jean-Nicolas a toujours dessiné. Toutefois, ce passionné a trouvé un sens à donner à ses dessins à travers cette collaboration avec Mylène. L’image exprime différents éléments, sans les mots, permettant autant à des personnes autistes, non autistes ou non verbales de se retrouver dans un « espace de dialogue ». Le choix du personnage n’est pas anodin.

« Le personnage féminin défait le cliché de l’image classique du garçon autiste », a souligné Mylène.

Depuis avril 2018, les internautes ont donc un rendez-vous hebdomadaire avec Aspigurl. « On fait tout ça à temps perdu (temps qui se fait rare aux cycles supérieurs), mais ça nous encourage de voir cette belle réceptivité tant de la communauté que du côté de la recherche (Acfas). On espère pouvoir répondre bientôt à la demande d’une version papier! », a partagé la jeune doctorante.

S’engager tant dans les études qu’au sein du département

Même si « le temps se fait rare aux cycles supérieurs », cela n’empêche pas Mylène de participer activement à la vie du Département de philosophie de l’UQAM. Elle est impliquée au sein du regroupement d’étudiantes, Fillosophie, elle est vice-présidente de l’Association étudiante des études avancées en philosophie de l’UQAM (AÉÉAP) et elle siège au comité de l’équité et du climat du département. De son côté, Jean-Nicolas est responsable des finances de l’AÉÉAP.

En plus de leur implication au sein de leur département, Mylène et Jean-Nicolas excellent du point de vue académique. Elle est récipiendaire de la bourse de doctorat Vanier-CRSH et Jean-Nicolas de la bourse de doctorat en recherche du FRQSC. Bravo!

Ils viennent également de publier un article portant sur leur travail de recherche sur Scientific Research Publishing.

Dans le cadre de sa thèse, Mylène Legault s’intéresse à la pluralité des profils cognitifs, à l’exclusion de certains par la culture ainsi qu’à des stratégies d’inclusion. Sa thèse intitulée « Dé-essentialiser les processus cognitifs : une approche neuroféministe de l’autisme et de la neurodiversité » s’effectue sous la codirection de Pierre Poirier et Amandine Catala, respectivement professeur et professeure au Département de philosophie de l’UQAM.

Jean-Nicolas Bourdon s’intéresse aux théories de la cognition étendue et prédictive. Sa thèse intitulée « L’être humain, un cyborg prédictiviste: le cas de l’autisme comme système cognitif hautement étendu » s’effectue sous la direction de Pierre Poirier, professeur au Département de philosophie de l’UQAM.

Faculté des sciences humaines de l’UQAM

Incontournable du domaine des sciences humaines et sociales, la Faculté des sciences humaines de l’UQAM propose des programmes d’études solidement ancrés tant sur le plan théorique qu’empirique. Elle offre un milieu universitaire dynamique, stimulant et inclusif propice à la réalisation de recherches novatrices, à la liberté intellectuelle et à la démocratisation des savoirs.

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