Du Québec à l’Amazonie brésilienne

Véronique Richer, étudiante au baccalauréat en philosophie, et Isabelle Chrétien, diplômée de la maîtrise en sciences des religions, marionnettiste et chargée de cours en théâtre à la Faculté des arts, font partie de l’aventure nommée Confluences. 

25 avril 2019 – C’est en terre brésilienne que des étudiantes et étudiants de l’UQAM termineront le programme court de 2e cycle du Département de sciences des religions Au rythme des eaux : anthropologie comparative des cosmologies et des sociétés autochtones du Québec et de l’Amazonie, du 3 au 25 août 2019. Ce programme offert, entre autres, par la Faculté des sciences humaines en collaboration avec l’Université d’état du Parà (UEPA), l’Université fédérale de l’ouest du Parà (UFoPA), le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones et le Wapikoni mobile permettra à 14 étudiantes et étudiants* de l’UQAM de s’envoler vers le Brésil. Laurent Jérôme et Anne-Marie Colpron, respectivement professeur et professeure associée au Département de sciences des religions encadreront le groupe.

Véronique Richer, étudiante au baccalauréat en philosophie, et Isabelle Chrétien, diplômée de la maîtrise en sciences des religions, marionnettiste et chargée de cours en théâtre à la Faculté des arts, font partie de l’aventure nommée Confluences

Étude de terrain pour clore le programme

Pour Véronique, ce séminaire de terrain sera le point final du programme, mais certainement pas de son intérêt pour les réalités autochtones. « Je veux faire valoir les philosophies non blanches, c’est-à-dire rendre visibles des philosophies et des ontologies invisibilisées dans le milieu académique et dans la société dominante », a partagé la jeune étudiante qui poursuivra à la maîtrise en philosophie. Le Brésil sera pour elle une première « longue» expérience terrain. Sa seule expérience remonte au printemps 2017 alors qu’elle a eu une initiation terrain lors d’un court séjour d’une semaine au sein de la communauté atikamekw de Manawan (région de Lanaudière). Le séjour s’est effectué dans le cadre du cours interdisciplinaire Réalités autochtones (offert dans le cadre de la concentration en études autochtones) avec les professeurs Laurent Jérôme du Département des sciences des religions et Nicolas Houde du Département de science politique. C’était l’occasion d’échanger avec une communauté autochtone du Québec et de mieux comprendre son environnement et sa société. « L’aspect terrain est important pour comprendre leurs réalités », a-t-elle partagé.

Au Brésil, ce sera l’occasion de comparer d’un point de vue anthropologique les cosmologies autochtones du Québec et de l’Amazonie, leurs modes de vie et leurs environnements.

Naviguer au cœur des communautés autochtones amazoniennes

Le début du séjour s’effectuera dans les villes de Belém et Santarém où les étudiantes et étudiants visiteront les universités partenaires et participeront à un colloque. Ils partageront leurs projets de recherche aux 11 étudiantes et étudiants brésiliens qui présenteront les leurs en échange. Par la suite, Québécois et Brésiliens embarqueront à bord d’un bateau qui les mènera à la rencontre de différentes communautés locales. Ce sera alors l’occasion d’échanger et de s’immerger dans leur milieu. En retour, les étudiantes et étudiants québécois parleront des réalités vécues par les communautés autochtones d’ici. « Des communautés nous ont déjà posé des questions auxquelles nous préparons des réponses par exemple, sur les relations au territoire, la santé environnementale, l’éducation, la mobilité, l’affirmation identitaire, la reconnaissance politique, etc. », a expliqué Isabelle.

Tout au long du voyage, des professeurs brésiliens accompagneront les uqamiens sur le bateau et assureront certains cours en plus de faciliter le contact entre les étudiants et les communautés.

Des retombées au-delà de l’UQAM

Pour Véronique et Isabelle, les retombées d’un tel projet sont nombreuses. Un livre sera publié à partir des travaux des étudiantes et étudiants, une exposition photo ainsi qu’une conférence grand public sont prévues à l’hiver 2020. Une étudiante autochtone en science politique et artiste multidisciplinaire, Marie-Christine Petiquay, participe au projet et réalisera du contenu visuel qui sera diffusé au Québec en partenariat avec le Wapikoni mobile. Également, les étudiantes et étudiants monteront des ateliers qu’ils animeront dans le cadre d’une entente avec la Caisse Desjardins des Travailleuses et Travailleurs unis. L’objectif étant de sensibiliser les travailleurs aux réalités autochtones et de déconstruire les préjugés pour favoriser l’inclusion dans les milieux de travail.

Ce projet a un impact dans la vie de tous les jours de Véronique et d’Isabelle. « Dans le cadre du programme, nous sommes amenés à créer des liens avec les étudiantes et étudiants autochtones de l’UQAM. C’est important de savoir qui ils sont et d’apprendre à les connaître. Les apprentissages liés aux réalités autochtones ne commencent pas à partir du moment où on sort des universités et des villes. Cet apprentissage expérientiel est partout, à commencer par notre environnement immédiat, c’est-à-dire nos collègues universitaires autochtones et le Cercle des Premières Nations de l’UQAM par exemple », a partagé Véronique.

Quant à Isabelle, elle souligne que c’est une richesse d’offrir ce programme. « Le fait de pouvoir réfléchir à certains enjeux d’un point de vue des sciences humaines ouvre de nouvelles portes à certaines réflexions en arts. Il s’agit d’un dialogue qui peut se faire entre plusieurs disciplines. »

Un groupe soudé et dynamique

Initiation au terrain lors du séminaire d’automne 2018. Sur la photo, les étudiantes et étudiants du groupe et leurs professeures et professeures, ainsi que quelques-unes des personnes rencontrées : les guides de Tourisme Manawan, Véronique Hébert (dramaturge atikamekw), des aînées et aînés de la communauté et Constant Awashish, grand chef de la nation Atikamekw.

Au-delà du séminaire de terrain, ce projet est la rencontre d’étudiantes et d’étudiants en provenance de disciplines diverses et aux champs d’intérêt différents, une rencontre riche et marquante. Les deux étudiantes s’entendent pour dire que la cohésion du groupe est exceptionnelle et favorise la réalisation du projet. « Notre groupe est très solidaire et nous avons dès le début établi des lignes directrices sur le fonctionnement », ont-elles expliqué. « C’est un engagement à long terme. Nous travaillons au projet depuis un an et pour un an encore », a souligné Isabelle. En effet, en plus des activités pédagogiques, temps et énergie sont mis aux nombreuses activités de financement organisées tout au long de l’année. 

Pour encourager les étudiantes et les étudiants dans la réalisation de leur projet, il est possible de participer à leur campagne de sociofinancement par l’intermédiaire du site Web de la Fondation de l’UQAM, en cliquant ici

*Les étudiantes et étudiants qui participent au séminaire de terrain au Brésil sont :

  • Marwan Attalah (maîtrise en sociologie à l’UQAM)
  • Pierre-Luc Bélanger (baccalauréat en anthropologie à l’UdeM)
  • Isabelle Chrétien (programme court de 2e cycle Au rythme des eaux : Anthropologie comparative des sociétés et des cosmologies autochtones du Québec et d’Amazonie et diplômée de la maîtrise en sciences des religions)
  • Julio Costa (programme court de 2e cycle Au rythme des eaux : Anthropologie comparative des sociétés et des cosmologies autochtones du Québec et d’Amazonie)
  • Marie-Ève Courtemanche (baccalauréat en anthropologie à l’UdeM)
  • Emma Crosnier (maîtrise en sciences des religions à l’UQAM)
  • Marie-Hélène Dion (doctorante en travail social à l’UQAM)
  • Gabriel Frappier-Lapointe (programme court de 2e cycle Au rythme des eaux : Anthropologie comparative des sociétés et des cosmologies autochtones du Québec et d’Amazonie, diplômé du baccalauréat en enseignement de l’éthique et de la culture religieuse)
  • Étienne Levac (baccalauréat de science politique à l’UQAM)
  • Maria de Lurdes Santana Rita (maîtrise en sciences des religions à l’UQAM)
  • Marie-Chrisitne Petiquay (baccalauréat en science politique)
  • Louis Gabriel Pouliot (programme court de 2e cycle Au rythme des eaux : Anthropologie comparative des sociétés et des cosmologies autochtones du Québec et d’Amazonie et étudiant à la maîtrise en géographie à l’UdeM)
  • Véronique Richer (baccalauréat de philosophie à l’UQAM)
  • Sarah Sicard (baccalauréat en anthropologie à l’UdeM)
  • Clarisse Sidney (programme court de 2e cycle Au rythme des eaux : Anthropologie comparative des sociétés et des cosmologies autochtones du Québec et d’Amazonie et diplômée de la maîtrise en psychologie à l’UQAM)
  • Aglaé Soucy (programme court de 2e cycle Au rythme des eaux : Anthropologie comparative des sociétés et des cosmologies autochtones du Québec et d’Amazonie, diplômée du baccalauréat en enseignement de l’éthique et de la culture religieuse)
  • Laurie Tatibouët (programme court de 2e cycle Au rythme des eaux : Anthropologie comparative des sociétés et des cosmologies autochtones du Québec et d’Amazonie)

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