Portrait d’Agnès Noubicier, doctorante en santé et société

23 avril 2018 – Montréal, 2006. Agnès Florette Noubicier, Camerounaise, prend le chemin de la Faculté des sciences humaines de l’UQAM pour y commencer des études en gérontologie. Audace, persévérance et détermination seront le leitmotiv de cette étudiante, mariée et mère de 5 enfants, au parcours hors du commun.

Un parcours atypique jusqu’au doctorat

Titulaire d’un diplôme en économie au Cameroun, Agnès fait face à plusieurs défis lors de son arrivée au Québec, en 2005. C’est après avoir travaillé pendant un an qu’elle choisit de reprendre des études. Son parcours ne sera pas linéaire, mais ô combien inspirant et enrichissant.

À son arrivée, Agnès connaît peu le système scolaire québécois et trouve le cursus d’un baccalauréat trop long. Malgré quelques doutes, son choix s’arrête donc sur le certificat en gérontologie sociale. « J’aime le social et encore plus les aînés.», a-t-elle partagé

Son certificat réussi, elle réalise que travailler avec seulement ce diplôme relève de l’impossible. En 2009, Agnès intègre la maîtrise en travail social, après avoir suivi un programme court de 2e cycle en gérontologie sociale ainsi que la propédeutique de la maitrise en travail social.

En 2012, avec l’encouragement de ses proches et de ses professeurs eu égard à l’excellence de ses notes, « maman Agnès » – comme elle aimait se faire appeler par ses camarades de classe plus jeunes – entreprend des études au doctorat interdisciplinaire en santé et société. « C’est un programme qui s’avère particulièrement ardu, surtout la 1re année. Tu as 9 cours obligatoires à suivre à temps plein», explique-t-elle. Agnès trouve cependant son doctorat fort intéressant. « La particularité du doc est qu’il parle de santé, mais sans être dans le domaine médical. C’est une perspective sociale de la santé adoptée d’une manière interdisciplinaire. Tu as des cours à suivre en épidémiologie, par exemple ».

Agnès est en 5e année de doctorat. Elle concentre ses recherches sur le lien entre le vieillissement, la spiritualité et la santé du point de vue des personnes âgées des communautés ethniques du Québec. Motivée et déterminée, elle prévoit effectuer le dépôt initial de sa thèse en septembre 2018.

Les défis de concilier les études, le travail et la famille

Lorsqu’Agnès décide de retourner aux études, son plus jeune enfant n’a que 2 ans et demi, et son fils aîné 17 ans. Concilier famille, travail et études sera alors un véritable défi. Un défi qu’elle aura relevé avec brio, non sans larmes et découragement, se demandant à quelques reprises si cela en valait la peine.

L’arrivée au doctorat se fera plus par commodité que par passion. « En faisant de la recherche, je suis plus présente à la maison », confie Agnès, pour qui la priorité a toujours été sa famille. Étudier quand on est mère de famille demande beaucoup de discipline. La doctorante a connu plusieurs remises en questions. « Tu as toujours un sentiment de culpabilité quand surviennent les périodes plus difficiles », a-t-elle souligné, avant d’ajouter : « Sans l’appui de mon conjoint et de mes enfants, je n’aurais pas réussi ».

En parallèle de ses études, il faut vivre. Fort heureusement, Agnès a pu bénéficier de nombreuses bourses. Bourse du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), bourse d’excellence de la faculté (Bourse FARE), bourse de l’Institut Santé et société, bourse du Fonds de l’Institut Santé et société, etc. De plus, de nombreux contrats d’assistanats seront un appui considérable pour l’étudiante.

« Il ne suffit pas d’avoir de la volonté. Le soutien de son entourage est important. Le plus dur, c’est de commencer et de se fixer un objectif à atteindre nonobstant les embûches», a conclu Agnès avec sincérité.

Une personne-ressource pour les étudiants étrangers

Immigrer dans un pays demande force et courage, surtout à un âge adulte. Comme de nombreux autres immigrants, Agnès vit une période d’adaptation qui comporte son lot de défis.

Arrivée à l’UQAM, Agnès a de la difficulté à comprendre les professeurs. Bien que venant d’un pays où on parle français et ayant suivi des études universitaires avancées, il est difficile pour l’étudiante de comprendre ce qui est demandé. « Mon entourage avait peine à croire que je ne comprenne pas. Pourtant, c’est vrai. Les schèmes de pensée sont différents de même que la signification des mots », a-t-elle expliqué.

Même défi du côté des services disponibles. «Je lisais les pancartes et les affiches relatives aux services offerts en soutien aux étudiants comme l’aide financière et les bourses par exemple, mais sans comprendre que je pouvais en bénéficier. » Agnès est donc passée à côté de plusieurs opportunités. C’est grâce à sa curiosité qu’elle a pu se débrouiller et découvrir l’existence des bourses et autres services auxquels elle a pu avoir droit.

Aujourd’hui, ce n’est pas un hasard si « maman Agnès » est présente pour accompagner les étudiants immigrants et étrangers du baccalauréat de l’École de travail social. Elle a été désignée comme personne-ressource dans cette tâche grâce à un projet pilote mis sur pied par le Comité d’échanges Internationaux interculturels (CEII). « Je connais leur réalité et les difficultés qu’ils vivent. Je peux les aider. » À raison de quelques heures par semaine, Agnès accueille donc de jeunes étudiantes et étudiants immigrants et étrangers et les accompagne dans leur parcours universitaire. Une collaboration, sans aucun doute, gage de réussite!

Une fois le doctorat en poche, Agnès ne sait pas où le vent la mènera. L’enseignement et l’intervention sont deux champs de pratique qui lui sont chers et qu’elle souhaite bien embrasser. Avec une telle détermination, nul doute que l’avenir lui appartient!

Faculté des sciences humaines de l’UQAM

Incontournable du domaine des sciences humaines et sociales, la Faculté des sciences humaines de l’UQAM propose des programmes d’études solidement ancrés tant sur le plan théorique qu’empirique. Elle offre un milieu universitaire dynamique, stimulant et inclusif propice à la réalisation de recherches novatrices, à la liberté intellectuelle et à la démocratisation des savoirs.

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